Concept

 

Octobre 2011.

 

Il fut très difficile de trouver le concept.

De comprendre quel était mon concept.

Il a fallu que j’explore des lieux cachés et enfouis au plus profond de moi. En apparence, ils n’avaient aucune importance avec ma recherche et même parfois ils étaient hors sujet.

J’ai emprunté des chemins compliqués.

J’ai pris beaucoup de détours et je me suis sans cesse retournée.

 

Pour finalement, m’apercevoir que je confondais les trois étapes de mon travail artistique.

 

Je n’arrivais pas à dissocier la cause, le but et le résultat.

Ces lieux explorés sont loin d’avoir été inutiles car ils m’ont permis de prendre conscience de ce qui me poussait à réaliser ces images. Et aussi de donner une cohérence, dans mon esprit, à mon travail : de le structurer.

Pour finir, j’ai entrevu des réponses.

 

Il me semble que la cause de ce travail ce sont mes névroses. Elles me poussent à agir ainsi.

En fait, plutôt que d’assouvir ces névroses dans la vie quotidienne ; ce qui serait très souvent incongru, inadapté, ou même ce qui pourrait me rendre associal ; je me suis en quelque sorte créée un monde parallèle dans lequel j’explore ces obsessions. Des fantasmes que je tente d’assouvir et des angoisses que je cherche à évacuer.

 

De ce fait, le but est double.

D’une part, la recherche d’une jouissance (fantasme). Elle implique presque à chaque fois soit une souffrance soit une prise de risque.

Et d’autre part, un but psychanalytique (angoisse). Je me suis parfois sentie à la limite de l’aliénation lorsque je manquais de temps pour créer.

 

Bref après toutes ces conclusions, j’ai enfin compris qu’ au fond, le résultat c’était le CONCEPT de mon travail artistique.

C’est lui qui va donner un sens, lier tous mes travaux ensemble.

Et ce concept, il me semble évident.

Je sais aujourd’hui qu’il tourne toujours autour de la question du DOUBLE qu’il s’agisse des autoportraits et même des portraits.

C’est toujours une opposition entre le miroir social et le miroir intime.

Ce qui m’intéresse lorsque je photographie une personne, c’est ce qu’il y a de caché au fond d’elle et non pas ce qu’elle laisse paraître en société.

J’ai le sentiment de ne pas la diriger, de la laisser se mouvoir librement afin qu’elle se sente en sécurité et ose peut-être se dévoiler.

Et, ce que je fais lorsque je réalise mes autoportraits, c’est en soi la même chose : tomber le masque social que je me suis façonnée.

J’explore le « ÇA » freudien : le pôle pulsionnel inconscient pour lequel les contraintes extérieures : la culture et la société importent peu.

Ce qui m’intéresse c’est donc la différence entre ce qu’on laisse paraître et ce qu’on est vraiment.

Ou plus exactement, ce qui me fascine c’est qu’il existe ces deux entités.

 

 voir « Essai sur mon Concept »

 


 

Mars 2012.

 

J’ai envie de tout changer. De modifier la façon dont j’ai jusqu’ici abordé mon travail.

 

Je n’ai plus envie d’être critiquée, pour le moment.

 

 

Pendant longtemps, je me suis cherchée, je m’égarais totalement.

Et la critique des autres m’était nécessaire.

Mais grâce au regard bienveillant de Chantal, aujourd’hui, j’ai vraiment le sentiment d’avoir trouvé le fil conducteur : ce concept que je n’avais pas identifié et qui me faisait défaut.

 

A présent, la critique m’effraye. J’ai peur qu’elle me mène à la dérive. Parce que je sais que je n’y serai pas insensible.

Mon travail en serait donc modifié et il évoluerait en fonction de cette critique, celle de son temps.

Alors qu’il FAUT que je sois LA seule maître, même si cela ne correspond pas aux canons de mon époque.

 

C’est idiot mais je ressens le besoin de me protéger : MOI et mon travail.

 

D’ailleurs, la reconnaissance qui m’avait fait tant rêver me semble menaçante.

J’ai le sentiment qu’elle est improductive et qu’elle transforme tout.

J’ai l’impression aussi qu’elle va jusqu’à détruire les « êtres » fragiles et sans protection.

 

 

 

Mon analyse est peut-être utopique, simpliste et naïve.

 

 

Cette inquiétude vient de naître en moi et elle cache peut-être aussi une autre angoisse, celle de l’échec.

 

Ma sursensibilité aurait peut-être du mal à le supporter ?

 

Et la solution de ne pas m’exposer serait une façon de me protéger pour ne pas compromettre ma Psyché ?…

 

voir « Essai sur mon Concept »

 


 

Juillet 2012.

Je m’aperçois qu’il est possible de faire apparaître, pour le moment, deux étapes dans mon travail.

 

La première période débute lors de mon adolescence, lorsque je commence la photographie. Et elle se termine à peu près au moment où ma vie d’adulte se met en place.

Mon travail évolue au gré de ma vie, en même temps que je me transforme.

 

Pendant cette première phase, mon concept était déjà présent. Mais mon approche: les questions du Double et de la Socialisation étaient abordés de façons tellement différentes que ce n’était pas évident à comprendre.

 

À cette époque, j’étais en pleine exploration.
J’en étais à la recherche de mon apparence physique, comme beaucoup d’adolescents.
J’étais comme obnubilée par la Beauté.

Notre société attache une si grande importance à cette apparence physique (question de la Socialisation).
À cette période, j’avais la même approche avec tout ce que je photographiais, les personnages, les paysages. Je tentais de leur imposer MA vision de la beauté. J’étais en pleine « quête ».

Je poussais le vice un peu plus loin avec les portraits. Je cherchais à les travestir par des procédés de théâtralisation : en les dirigeant, les maquillant et les habillant. Je leur inventais un nouveau personnage social (question du Double et de la Socialisation).
Certaines fois, à la suite de ces séances, mes modèles ont d’ailleurs opéré un véritable changement sur leur apparence physique…

Mes images avaient, en fin de compte, un impact sur leur personnage social.
Moi-même, la photographie, par les autoportraits, m’a permis de me créer une identité sociale.

 

La deuxième période débute avec « Fuite ».

Ce travail est l’exutoire d’une angoisse, un cauchemar récurrent de mon enfance. Pour moi, il est plus lié à mon personnage intime puisqu’il relate de choses invisibles et sensibles (question du Double).
Sous un autre angle, il me représente aussi en train de quitter ma vie de jeune  fille.

Ce qui m’a poussée à finaliser ce travail, c’est peut-être qu’il représentait aussi une nouvelle angoisse naissante et inconsciente, celle de mon entrée dans la vie d’adulte avec toutes les responsabilités que cela représentait (question de la Socialisation).

« Fuite » est un peu une transition vers de nouvelles recherches.

Depuis cette période, je ne m’intéresse plus à la beauté superficielle, mais au personnage intime: à la beauté intérieure (question du Double).

 

voir « Essai sur mon Concept »

 


 

24 aout 2012.

 

Encore une nuit d’insomnie.

Cela fait plusieurs semaines que mon sommeil est dérangé.
Mon corps trahit lui aussi une certaine anxiété.

Comme chaque fois, je repousse à plus tard l’explication avec moi-même.
Je ne voulais pas voir ni même comprendre mon état.

Je suis poussée dans mon moi le plus intime par deux forces.

La première me dit, m’ordonne  et rend nécessaire la publication de mon travail d’écriture.
Et la deuxième, la refuse car dévoiler cette intimité est extrêmement effrayant. La publication des Essais est beaucoup plus intimidante que la nudité que j’avais jusqu’ici révélée en photographie.

 

J’ai peur de vendre mon âme au Diable.

Pourquoi alors vouloir à tout prix montrer mes Essais?
Ils pourraient tout simplement rester des notes intimes, une sorte de carnet secret comme ils l’ont toujours été.

J’aime relire ces mots.
J’ai l’espoir que d’autres aimeront  les lire.
Juste pour le plaisir, le plaisir des mots….?

 

 

Lorsque j’observe notre ciel étoilé, et toute cette vie qui nous entoure; mon existence et l’existence humaine sont si peu de chose finalement.
Pourtant ma vie et celle de chaque individu, qui qu’ils soient, sont si importantes à mes yeux.
La vie est un miracle que les hommes ne peuvent et ne doivent pas minimiser.
La vie est une chose magique.
Elle est si précieuse qu’elle ne peut pas être mise sous silence.
Il faut en parler; l’écrire tout au mieux pour en conserver une trace.
Mais mon existence et mon expérience n’ont d’importance que si elles sont partagées avec d’autres.
Parce que le partage c’est le leitmotiv de l’existence humaine.
Utopie?
Je ne crois pas car sans partage l’être humain ne serait RIEN.

 

Et moi je ne veux pas être rien, je veux exister et je dois partager.

 

voir « Essai sur mon Concept »

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